Le tournage a eu lieu en 2004 et même si le film n'est sorti que très récemment, Jasper n'a pourtant passé que deux mois à faire les effets numériques que l'on voit dans la première partie du film : fumée de pistolet, trajectoires de balles, projections de débris. Dans l'année qui a suivit, HC et lui passent pas mal de temps à trouver des solutions de trucage à moindre coût pour les effets d'explosion, puis Jasper se charge de toute la séquence finale qu'il réalise intégralement en images de synthèse, en modélisant tous les personnages. Pendant les trois derniers mois, Jasper conçoit les scènes en CG et les anime.
Une anecdote amusante : la raison pour laquelle Picasso est remplacé par un double en images de synthèse à la fin du film est due au délai entre le tournage du film et le moment où il a fallut faire la post-prod de la dernière partie. Délai pendant lequel le pantalon porté par le Picasso incarné par HC disparu. La nécessité est mère de l'invention, et le personnage a donc été recréé en CG, c'est aussi un bon exercice de style.
En dehors des différentes versions de LightWave utilisées pour créer les éléments en 3D (de la 7.5 à la 9.2), de plusieurs plug-ins pour le Layout (comme FPrime pour le rendu et Keycontrol pour l'animation) et d'autres pour le Modeler (notamment WEdgeslide, dxs_SpinEdge+ et di Translate), Jasper a mis à profit Syntheyes un excellent outil de motion tracking. Certains fluides sont faits dans Blender, d'autres dans Realflow. Le compositing est réalisé dans After Effects, le texturing dans Photoshop et le montage dans Premiere.
A la question de savoir par quel moyen il a réalisé la tignasse caractéristique de Bob Ross, on est surpris d'apprendre que ça n'est ni avec Sasquatch ni avec Fiber Factory ou quelqu'autre plug-in de rendu de cheveux. Jasper explique : "La coupe afro est un amas de sphères dont les points ont été clonés grâce à un clipmap vraiment minimaliste. En fait des bruits en noir et blanc. Sa barbe est faite de près d'un millier de polygones agissant tels des sprites dont les points sont clonés sur la géométrie de face avec une combinaison de clipmaps et de couches de transparence".
La mise en parallèle
d'une action d'une réelle violence et
l'utilisation de faux pistolets pour enfants
mérite elle aussi une explication. Jasper
avait d'abord prévu de remplacer les pistolets
avec des images de synthèse mais cela était
trop laborieux. Par ailleurs la vente d'armes
est prohibée aux Pays Bas, même
l'utilisation de pistolets en plastique un tantinet
réalistes dans le cadre d'un tournage
est passible de plusieurs mois de prison. Les
magasins de jouets n'étant pas autorisés à vendre
des pistolets ressemblant à des vrais,
Jasper a pris de la parti de tourner cela à la
dérision, en utilisant les jouets les
plus ridicules possibles, allant même jusqu'à garder
les bouchons rouge à l'extrémité des
barillets.
L'une des meilleures versions du film est probablement son "making of" qui montre les filaires. Jasper nous a confié que même si les effets spéciaux sont réalisés correctement, le public ne remarquera peut-être jamais qu'au départ il n'y en avait pas. Il s'explique : "Dans les DVD qu'on trouve maintenant, j'aime bien regarder les bonus sur les effets spéciaux, alors je me suis dit qu'il devait y avoir un public pour ça". |