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Jasper Scheepbouwer

20/04/2007

Cet utilisateur de LightWave nous confie comment, pendant son temps libre, il a assuré la création des effets de tirs pour les besoins d'un film à petit budget.

"Les Différences Artistiques" est un court métrage expérimental sur lequel Jasper a travaillé pendant quatre mois en profitant de son temps libre. Le film a d'abord débuté comme une sorte de test afin de vérifier que les effets d'explosions et autres trucages traditionnels pouvaient être remplacés efficacement par des effets spéciaux numériques.

Ce court métrage a vu le jour après que Michael Winter, ami de Jasper et scénariste, voit le bonus d' "Il était une fois au Mexique- Desperado 2" dans lequel Roberto Rodriguez se pose cette même question. Fortement inspiré, il interroge Jasper sur la faisabilité de ce style de trucages numériques pour un petit film qu'il est en train d'écrire. Ce dernier se met alors immédiatement au travail, imaginant les séquences que les compères pouvaient réaliser.

Depuis qu'il travaille dans les trucages, Jasper a toujours collaboré avec son ami HC Smulders qui s'occupe de tout ce qui n'est pas numérique dans les effets spéciaux. Après avoir discuté des différents effets sur lesquels ils souhaitent effectuer des tests, ils tournent une séquence où tous les tirs d'armes à feu possibles nécessitent des retouches en post-production. "l'intrigue du film, nous a t-il avoué, est plus un prétexte pour assembler les différents éléments du film et conserver un certain intérêt à travailler dessus. Tout au long du processus d'ajouts d'effets spéciaux en post-prod, nous avons continué à étoffer l'histoire. Par exemple, on est parti du postulat que les deux hommes qui cherchaient à s'éliminer mutuellement étaient en fait de célèbres artistes contemporains. Ensuite que Picasso (formidablement incarné par HC) voulait que le fantôme de Bob Ross sorte du corps sans vie de Mondrian ( que j'interprète), et ainsi de suite.."

Le tournage a eu lieu en 2004 et même si le film n'est sorti que très récemment, Jasper n'a pourtant passé que deux mois à faire les effets numériques que l'on voit dans la première partie du film : fumée de pistolet, trajectoires de balles, projections de débris. Dans l'année qui a suivit, HC et lui passent pas mal de temps à trouver des solutions de trucage à moindre coût pour les effets d'explosion, puis Jasper se charge de toute la séquence finale qu'il réalise intégralement en images de synthèse, en modélisant tous les personnages. Pendant les trois derniers mois, Jasper conçoit les scènes en CG et les anime.

Une anecdote amusante : la raison pour laquelle Picasso est remplacé par un double en images de synthèse à la fin du film est due au délai entre le tournage du film et le moment où il a fallut faire la post-prod de la dernière partie. Délai pendant lequel le pantalon porté par le Picasso incarné par HC disparu. La nécessité est mère de l'invention, et le personnage a donc été recréé en CG, c'est aussi un bon exercice de style.

En dehors des différentes versions de LightWave utilisées pour créer les éléments en 3D (de la 7.5 à la 9.2), de plusieurs plug-ins pour le Layout (comme FPrime pour le rendu et Keycontrol pour l'animation) et d'autres pour le Modeler (notamment WEdgeslide, dxs_SpinEdge+ et di Translate), Jasper a mis à profit Syntheyes un excellent outil de motion tracking. Certains fluides sont faits dans Blender, d'autres dans Realflow. Le compositing est réalisé dans After Effects, le texturing dans Photoshop et le montage dans Premiere.

A la question de savoir par quel moyen il a réalisé la tignasse caractéristique de Bob Ross, on est surpris d'apprendre que ça n'est ni avec Sasquatch ni avec Fiber Factory ou quelqu'autre plug-in de rendu de cheveux. Jasper explique : "La coupe afro est un amas de sphères dont les points ont été clonés grâce à un clipmap vraiment minimaliste. En fait des bruits en noir et blanc. Sa barbe est faite de près d'un millier de polygones agissant tels des sprites dont les points sont clonés sur la géométrie de face avec une combinaison de clipmaps et de couches de transparence".

La mise en parallèle d'une action d'une réelle violence et l'utilisation de faux pistolets pour enfants mérite elle aussi une explication. Jasper avait d'abord prévu de remplacer les pistolets avec des images de synthèse mais cela était trop laborieux. Par ailleurs la vente d'armes est prohibée aux Pays Bas, même l'utilisation de pistolets en plastique un tantinet réalistes dans le cadre d'un tournage est passible de plusieurs mois de prison. Les magasins de jouets n'étant pas autorisés à vendre des pistolets ressemblant à des vrais, Jasper a pris de la parti de tourner cela à la dérision, en utilisant les jouets les plus ridicules possibles, allant même jusqu'à garder les bouchons rouge à l'extrémité des barillets.

L'une des meilleures versions du film est probablement son "making of" qui montre les filaires. Jasper nous a confié que même si les effets spéciaux sont réalisés correctement, le public ne remarquera peut-être jamais qu'au départ il n'y en avait pas. Il s'explique : "Dans les DVD qu'on trouve maintenant, j'aime bien regarder les bonus sur les effets spéciaux, alors je me suis dit qu'il devait y avoir un public pour ça".

   
   
Jasper Scheepbouwer  
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